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C’est sans aucun détour, que le chef Jean-Christophe Ansanay-Alex a eu l’amabilité de me recevoir dans son restaurant l’Auberge de l’Ile (récompensé de deux étoiles au guide Michelin). J’ai ainsi pu lui poser les questions m’intéressant pour mon mémoire.

Ce chef, qui a grandi dans cet environnement ; un grand-père hôtelier, et des parents qui en 1967 reprennent l’Auberge de l’Ile, possède la passion du métier, qualité à posséder si l’on veut se lancer dans une carrière dans le milieu de la cuisine. Comme il le dit, « on rentre en cuisine comme on rentre dans les ordres ». Effectivement, si l’on n’est pas un tant soit peu préparé à faire son entrée dans un monde un peu à part, il y a peu de chance que l’on devienne un grand chef. Car selon Monsieur Ansanay, la plus grande qualité à avoir, c’est bien de s’accommoder à ce style de vie très particulier : « on choisit ça car cela nous plaît de vivre cette vie un peu marginale » qui consiste « à donner du bonheur et du plaisir aux autres ».

Avec grande humilité (cela tombe bien, c’est la qualité principale requise selon lui pour être un bon chef), il répond à mes questions sans aucun tabou, sans chercher ses mots, directement, cela vient du cœur, et cela se sent. J’apprends ainsi que ce chef ne se voit non pas comme un artiste – chose mise trop souvent en avant par les journalistes, mais comme un artisan « qui refait tous les matins de bonne heure jusqu’à point d’heure les mêmes gestes. Comme quelqu’un qui refait sa tache inlassablement en lui apportant un petit plus chaque jour, avec toutes les difficultés et lourdeurs environnantes que cela importe ». Que les personnes qui l’intéressent ne sont pas celles capables de lui parler de cuisine, mais « qui ont des choses à raconter, qui sont sensibles. Il faut que les personnes soient un peu différentes ».

Lorsqu'on l'interroge sur l’avenir de la gastronomie française, voilà ce qu’il répond : « Je pense que nous devrions nous recentrer sur la qualité du produit que nous sommes en train de perdre. Mais heureusement, il y a des gens qui se rebellent contre ça. Contre l’agroalimentaire, le lobbying. Il faut continuer de collaborer avec des artisans, des gens comme nous qui veulent bien se lever le matin et se coucher tard pour essayer tous les jours de refaire la même chose et mieux ».

Alors voilà, si un jour je retourne sur Lyon, que j’ai un petit creux, et que je me trouve sur la belle Île de Barbe, et que je souhaite manger dans un bel endroit, avec un chef sympathique et franc, je saurai où me diriger !

Merci pour cette rencontre Monsieur Ansanay !

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Nos coupes de cheveux sont le résultat d'un vent très actif cette journée là...!